19 juin 2018

Cet article vise a ouvrir une fenêtre sur le livre « l’intervention psychologique dans les organisations-D.Castro » notamment la seconde partie du livre qui parle de l'approche psychopathologique.
Dana Castro traite de l'impact des émotions en milieu professionnel que je choisis de développer ici :
Chez tous les êtres humain, l'émotion est un fait psychique et constitue un vécu subjectif dont les comportements en sont l'expression. Un processus de régulation émotionnelle permet à l'individu de s'adapter au contexte et d'avoir une image socialement acceptable. La régulation émotionnelle s'effectue à travers l'action de différentes stratégies psychiques qui transforme la dynamique émotionnelle (ressenti masqué ou minimisé) de l'individu et donc modifie le comportement.
Hoschshild 1983 ; Grandey 2000 décrivent ces stratégies appelé deep-acting et surface acting(p97). Le deep-acting ou régulation en profondeur est un processus conscient, le sujet agit sur l'émotion elle-même et en modifie la nature, cela permet de gérer le vécu pessimiste de sa situation professionnelle. C'est un travail cognitif de diversion attentionnelle qui suscite des émotions positives dont le sujet a besoin. Dans cette stratégie le sujet transforme la perception qu'il a de la situation en la simplifiant. Dans la régulation de surface(surface dating), la personne montre un comportement émotionnel attendu qui peut être en désaccord avec les ressentis. Cela implique la suppression ou l'inhibition des sentiments pour montrer des réactions appropriés au contexte qui a pour conséquence l'augmentation d'activité du système nerveux dont l'issu à long terme est un état de stress. Gross, Levenson(p98). L'efficacité ainsi que le coût psychique du processus émotionnel dépend d'une série de facteurs individuels (le sexe, la coloration affective (être positif ou négatif), les traits de caractères, les besoins psychiques (reconnaissance), l'influence des régulations) et situationnels (contexte et nature du travail). La régulation émotionnelle est un processus qui présente des effets positifs et négatifs ; positif quand elle permet d'augmenter les sentiments d'accomplissements ce qui induit une meilleure productivité pour l'entreprise, négative quand la gestion émotionnelle taxe les ressources psychiques de l'individu.
Dans le secteur des services, les émotions sont constitutives du rôle professionnel, un certain type de comportement est attendu qui reflète l'image de l'entreprise. Le processus de régulation se trouve au centre de l'adaptation et de la réussite professionnelle de l'individu. Hoschild parle de la gestion émotionnelle comme d'instrument professionnel, à la fois un outil et moyen pour atteindre les objectifs, il l'appelle « le travail émotionnel ».Selon cet auteur, la qualité du travail émotionnel est lié à la fréquence des interactions avec l'usager, à l'intensité et la durée des émotions éprouvés par l'employé, à la proximité de l'usager, à la variété des émotions nécessaires à l'interaction. Quand l'interaction devient trop intense et fréquente s'en suit un mécanisme de dépersonnalisation.
Il s'avère que la régulation émotionnelle de surface est plus problématique que la régulation en profondeur, car elle génère un phénomène de dissonance émotionnelle (écart entre comportement et vécu véritable) générant progressivement une détresse psychologique pouvant conduire à l'état d'épuisement professionnel.
En résumé, l'action dans les organisations à longtemps était non considéré, il est admis maintenant que la régulation émotionnelle a un impact sur la performance mais aussi sur la santé des personnes. Ainsi les caractéristiques personnelles et organisationnelles agissent comme causes et conséquences de la régulation émotionnelle pouvant constituer des pistes d'actions pour le psychologue du travail.
Actions en direction des personnels qui souhaitent mieux gérer leur état émotionnel en milieu professionnel.
Intervention consultative en direction de l'entreprise portant sur la définition ou la redéfinition périodique des attentes, concepts et représentation du travail.
Enfin, participation dans l'interaction entre personnels et entreprise à une meilleure compréhension du phénomène des émotions et de leur régulation en milieu professionnel dans le cadre de recherche appliquée.
En effet la régulation émotionnelle est complexe car elle n'agit pas uniquement au travers de stratégies de surfaces ou en profodeur, Holman et Tottardel 2003, mettent l'accent sur la nécessité d'en déterminer les autres modalités d'actions ; Gross Levenson 1997 s'interrogent sur le sens entre « deep » et « surface » tandis que d'autres Friedman et Herringer 1991 rappellent l'utilité d'approfondir les relations existants entre traits de personnalités et caractéristiques des processus de régulation émotionnelle. Autant de sujet d'études pluridisciplinaire à envisager.
L'intervention psychologique telle que décrite dans cet ouvrage vise à introduire dans les organisations les changements nécessaires à l'amélioration des conditions psychologiques de travail et à la réduction des imprévus psychosociaux. A un niveau organisationnel l'intervention psychologique favorise la construction ou la reconstruction d'environnements professionnels plus réactifs aux besoins individuels, et contribue ainsi à promouvoir et/où à maintenir la santé du système on parle de prévention primaire. A un niveau individuel, nommé prévention secondaire, l'intervention psychologique permet aux hommes et aux femmes qui s'y trouvent impliqués de dépasser les situations de rupture, de retrouver une identité professionnelle cohérente, ainsi que de penser autrement se sens de leur activité quotidienne. Enfin la prévention tertiaire, s'emploie à guérir l'individu ou l'organisation de la détresse engendrée par les évènements traumatiques, non anticipées ou inévitables.
Source : »l’intervention psychologique dans les organisations-D.Castro&coll. »

